L’amélioration de l’autonomie en protéines végétales est un enjeu majeur et la dimension environnementale associée ne peut être négligée, notamment à cause des interactions avec le bouclage du cycle de l’azote. Le non-bouclage de ce cycle est en effet à l’origine d’impacts environnementaux majeurs, comme la lixiviation de nitrates dans les masses d’eau et l’émission de pertes d’azote sous forme de N2O, puissant gaz à effet de serre.
Favoriser le bouclage du cycle de l’azote, dans un objectif plus large de tendre vers l’autonomie protéique des exploitations voire des territoires, nécessite d’engager, avec les acteurs concernés, un processus de re-conception de systèmes agricoles. Cette re-conception consiste à imaginer et mettre en œuvre des pratiques agroécologiques et à optimiser l’usage des ressources. Ceci concerne les protéines végétales issues des grandes cultures (légumineuses à graines, oléagineux…) mais aussi des espèces fourragères. La prairie joue en effet un rôle central par sa fourniture d’aliments riches en protéines, par la richesse potentielle en légumineuses fourragères, mais aussi par les services environnementaux qu’elle rend (biodiversité, stockage du carbone…).
Produire localement des protéines végétales réduit le besoin de les importer, diminuant ainsi les émissions de CO₂ liées au transport et garantissant un approvisionnement plus prévisible. La réduction de la dépendance à l’égard des cultures de protéines importées, comme le soja, souvent cultivées dans des zones déforestées, aide aussi à préserver les forêts.
L’amélioration de l’autonomie en protéines végétales et l’optimisation du cycle de l’azote sont donc essentielles pour réduire l’impact environnemental de l’agriculture et promouvoir un modèle plus durable et résilient. Cela nécessite de mobiliser des leviers scientifiques, techniques, organisationnels et politiques.
De nombreuses connaissances issues de la recherche et du développement agricole sont disponibles sur ces thématiques. Cependant, elles restent encore souvent dispersées entre différents acteurs de la R&D agricole. Par ailleurs, les innovations techniques prometteuses sont parfois peu diffusées. Il y a donc un fort enjeu à les identifier, à les formaliser, pour faciliter leur partage et accompagner la reconception de systèmes. Les travaux conduits par la Cellule RIT ont permis d’aboutir à la création de deux espaces thématiques répondant à ces objectifs : « Tendre vers l’autonomie azotée » et « Contribuer à l’autonomie protéique et fourragère en élevage de ruminants », tous deux hébergés sur la plateforme GECO.